IV°au XV° siècle : la région est christianisée. La vigne, essentielle dans la vie religieuse, est cultivée par divers monastères comme Saint-Aubin d’Angers. Le jardin moyenâgeux était essentiellement un jardin de plantes médicinales. La vigne poussait en foule sur les coteaux, tous cépages confondus et se reproduisait d’elle-même par marcottage. Les y moines furent, comme dans toute la France, de grands vignerons et de remarquables œnologues.
Pendant près d’un millénaire, toutes les têtes couronnées de France et d’Angleterre contribuèrent à la réputation des vins de Loire. Capétiens, Plantagenêt et Valois, tous encouragent, depuis la Cour jusqu’aux châteaux de la Loire, la découverte et le développement de ces vignobles princiers.
La légende raconte que Geoffroy V, dit le Bel, comte d’Anjou et du Maine, qui avait épousé la fille du roi d’Angleterre, chassait dans les landes lorsqu’il aperçut une licorne à tête de femme, vêtue d’un manteau d’or au milieu d’un champ de genêts. Bouleversé par cette apparition, il choisit de faire de cette plante son emblème et d’en planter sur ses terres, d’où l’origine du surnom de "Plantegenêt" déformé par la suite en "Plantagenêt ».
Ces landes à genêts sont encore là sur la pente ouest la plus abrupte de nos coteaux, les fleurissant merveilleusement au printemps, réservoir naturel d’un écosystème protecteur de la vigne. Chevreuils et lièvres y trouvent toujours refuge. La licorne se contemple toujours dans son miroir.
Le vignoble connaît un véritable essor lorsque Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou, devient roi d’Angleterre en 1154 : il fait en effet servir les vins d’Anjou à la Cour, habitude que conservent ses successeurs Jean sans-Terre et Henri III.
En 1214 : victoire du roi Louis VIII contre Jean Sans-Terre Plantagenêt, à La Roche-aux-Moines, Savennières ; l’Anjou sera rattaché à la couronne de France. C’est l’effondrement des Plantagenets. La deuxième maison d’Anjou, rois de Sicile, de Naples, de Hongrie, de Pologne, va fonder la plus grande dynastie de l’Europe médiévale.
Cette période connaît une croissance sans précédent en Anjou, développant rapidement de nouveaux villages autour des châteaux.
Le village de Savennières prospèrera à cette époque. Le plus aimé de tous, René, de la troisième maison, né au château d’Angers en 1409, aménage manoirs et châteaux... Après sa mort en 1480, le duché d’Anjou redevient simple province du royaume de France.