Accueil > Français > 2. De la terre au verre

UNE BELLE HISTOIRE DE FEMMES

Ma mère qui aima tant cette terre...

LA NUIT

Intriguée par cette rencontre, je suis remontée à la nuit tombée, la lune brillait : malgré le froid le chevreuil offrait sa pure beauté à cet astre glacé. Là des musaraignes, ici un lièvre, et puis un autre, au loin dans le bosco , une chouette hululait.

LA TERRE

Le sol craquait, se fendait, laissait passer les fourmis qui s’affairaient.

LE CIEL

L’âme était bien là sous le ciel étoilé .

LE JOUR

Le temps s’écoula et le jour se leva inévitablement chaque fois après la nuit rythmant la nature.

LA FLEUR

Bientôt l’âme se vêtit de minuscules corolles blanches et se parfuma d’une fragrance subtile, d’une délicatesse extrême, terriblement sensuelle

LE PRINTEMPS

Quelques semaines plus tard, tout avait changé, la vie avait poussé toute verte.

LE VENT

Le vent soufflait, frais et léger, pour le fabuleux voyage des pollens : les baies de raisin furent enfantés.

LE SOLEIL, LA LUNE ET LES ETOILES

L’âme se fit plus discrète tout au long de l’été, mais elle était présente et insufflait, respirant, transpirant, à chaque grain sa vie mystérieuse, aidée par le soleil et par la lune, par les constellations peut être, qui jour et nuit sans relâche lui offraient leurs forces immuables. Septembre arriva, le schiste brûlait.

LE FRUIT

Montée au coucher du soleil, je goûtais les fruits juteux à la peau dorée. L’âme était là, toute entière, avec son cortège infini de saveurs mystérieuses, celles qui montent du cœur de la terre, toujours différentes, uniques, celles de la vie.

LA VIGNE

Que faire devant tant de merveilles ? Le temps pressait, il ne fallait pas perdre l’âme, le cortège des croquemorts était là, botrytis, mildiou, oïdium, se réjouissant du festin, si la main de l’homme se faisait attendre. Il fallait savoir choisir le jour. Au loin résonnait le chant des vendangeurs, hotte au dos, impatients de cueillir l’âme de la terre prisonnière dans les beaux grains dorées, cuivrés ou brunis.

L’HOMME

Le maître de chais pressa doucement le fruit et le jus s’écoula au plus profond des caves enfermant l’âme dans les barriques et les cuves accueillantes.

LA MAISON

et cette maison...

L’ŒUVRE AU CHAIS

Et tout au long des mois, l’âme vécu et transforma les jus sucrés opaques en liquide cristallin : la texture devint plus ronde, les arômes trouvèrent leur équilibre, chacun prit sa place dans l’harmonie infinie des saveurs, le vin se précisa.

L’OEUVRE AU CHAIS

L’âme était toujours là, elle habitera longtemps encore dans les flacons dormant.

LE GOÛT DE LA VIE

Un jour, vous ouvrirez une bouteille et là dans votre verre , vous sentirez, vous goûterez à plein sens, vous rencontrerez, comme moi, l’âme de nos coteaux, le goût de la vie

LE PASSAGE

me proposa un jour de l’année 2001 , de me passer la main...

L’EAU

j’y réfléchis longuement sur les rives de la boire

LA MOUCHE

J’ignore encore quelle mouche me piqua ce jour-là ?

LE CHEMIN

un chemin étroit se présenta à moi, raide et difficile.

L’AME DE LA TERRE

C’est ainsi que commença ma longue promenade dans les coteaux de Savennières.

LA LOIRE

J’ai senti sous mes pieds, autour de moi, au dessus de moi une âme profonde, très ancienne qui habitait ce grand corps de schiste millénaire dormant voluptueusement sous le soleil de Loire, réchauffant lentement ses rocs endormis par les frimas de l’hiver .

LA VIE

Dans les ceps nus commençait à monter la saveur de la vie qui ferait bientôt sortir les bourgeons de la dormance. Prudente et maternelle la vigne avait déjà prévu un manteau de coton pour les nouvelles pousses.


Château des Vaults - 1, place du Mail - 49170 Savennières - Tél.: + 33 (0)2 41 72 81 00 - Fax : + 33 (0)2 41 72 86 00
4 rue Paul Baudry 75008 Paris - Tel : 06 11 87 90 67
closel@savennieres-closel.com
| Mentions légales | CONTACT | Facebook